mardi 6 octobre 2009

Kings of Léon










PEOPLE_La journée d’hier était une sale journée. Fort heureusement les nuages finissent toujours par se dissiper sous les étoiles. C’est en fin de soirée que Léon, 29 ans, tout fraîchement arrivé à Bristol est venu sauver notre soirée. Et si l’étoile polaire est pour le marin en perdition la seule alternative à sa bouteille de rhum, c’est bien au Bar que Léon nous a invités.

Une bière à la main plus tard, Léon nous parle de lui et de l’Angleterre. C’est bien, ça nous évite de parler. Il arrive juste de la petite ville où il a grandi. Petite bourgade perdue au bord de la Manche façon bunker fortifié : « pour se protéger des invasions françaises ». Il nous parle aussi de l’hypocrisie ambiante : tout le monde se connait, tout le monde se dit bonjour, tout le monde pense « I fucking hate you » ; prononcez : « focking ». « Là-bas, il n’y a pas de travail. Juste l’armée et des durs-à-cuire. Tout le monde boit et après, ils se battent. Soit raisonnable Léon, on est deux contre un. Fini déjà ta bière.

L’Angleterre, il l’aime. Il a passé toute sa vie à l’aimer. God bless him. Aujourd’hui, il prend de la distance : « les anglais sont froids », dit-il. Pour lui, être anglais c’est facile. Shame on you Léon. Parler une langue quasi-universelle c’est facile. Léon a voyagé, aux Etats-Unis –d’après lui l’un des pays les plus fiers avec le Royaume-Uni et la France-. Facile. Aujourd’hui, il veut changer son quotidien. Et quel meilleur moyen de changer de vie que celui de s’enfuir dans une grande ville ? Le garçon nous brosse un portrait rude, sans contrefaçon, de son pays dont il a sûrement évoqué les qualités mais aussi listé ses défauts : la vulgarité, la violence, le chauvinisme scotish, etc.

« Being attractive »

Une bière chacun nous aura suffit, d’autant plus qu’il ne souhaite pas voir son ventre gonfler d’avantage. Car Léon a peur de la trentaine. Manifestement bourré, il veut aller courir tous les jours pour devenir « more attractive ». Ni une ni deux, nous lui faisons le serment de l’auriculaire pour qu’il tienne parole. Poor Leon.

Peut-être rêve-t-il un peu à travers nous,-nous partageons la même chambre- lui qui aimerait avoir 21 ans à nouveau. « En France, pense-t'il, le gouvernement écoute plus les gens qu’ici, en France, les gens font ce qu’ils veulent, fument quand ils veulent [sic] ». Nous comprenons pourquoi tout le monde nous croit espagnols. Léon veut changer, s’ouvrir, apprendre le français, découvrir d’autres cultures et saisit notre présence comme une opportunité pour commencer sa transformation : « How do you say dickhead in french ? ». Rires.

Débarrassé de toute timidité, drôle et parfois sensé ; l’ambassadeur Léon nous aura fait apprécier son pays. Cela a-t-il été réciproque ? Maybe not. Mais Edith Piaf et Gérard Depardieu pourront sûrement assumer ce rôle pour nous, encore un peu.

HH

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