
FOOT_ Manchester City est le genre de club financé par un émirat émérite. A grands coups de biffetons, on apprend à jouer au ballon.
En Angleterre, on ne dit pas: « I support this team ». On dit: « Manchester City is my team », par exemple. Alors, quand on nous demande: « What's your team, guys ? ». On pense surtout à:
- Eviter les tacles.
- Proscrire "United" de notre vocabulaire.
- Répondre, l'air assuré: « Manchester City, of course ».
On ne voudrait pas irriter un supporter mancunien. De surcroit, un citizen qui nous héberge. Le colosse a le logo du club imprimé dans la chair d'un mollet bien bâti, alors on ne fait pas les marioles. On a un peu la frousse même. Et puis, tout se passe bien. Mais, au pub, pour suivre le match du dimanche après-midi sur Sky Sports, on demande – par sécurité – de quelle couleur sont ceux qu'on est censés encourager. Fair-play ou pas, on ne badine pas avec le foot outre-manche.
Ce jour-là, le 18 octobre 2009, les Citizens n'avaient rapporté que le match nul, un partout, contre Wigan – une équipe de bas de tableau – (but de Pétrov). Depuis Manchester City, cinquième au classement de Premier League, lutte pour rejoindre le Big Four (amputé de Liverpool, en difficulté, certes). C'est le but. Alors, l'actionnaire émérite, le Cheick Mansour a allongé les billets. En 2008, il rachète le club avec son conglémérat Abu Dhabi United Group. Puis, commence à s'offrir plein de joueurs, des bons. Le premier: l'attaquant brésilien Robinho pour la somme record de 32,5 millions de livres sterling. Suivent l'argentin Carlos Tévez (25 millions d'euros), le togolais Emmanuel Adebayor (29 millions). Kolo Touré aussi (15 millions seulement). Au mercato de janvier 2009, City propose même 113 millions pour attirer le brésilien Kaka – pas une offre de merde! En vain. Dernier transfert en date notable: notre Patrick Vieira national, qui retrouvera l'entraineur Mancini qu'il a connu à l'Inter Milan. Et qui cherche davantage de temps de jeu pour prouver qu'il est capable, à son âge avancé (34 ans), d'aller au Mondial avec les Bleus. Bref, le puissant actionnaire a su attirer dans ses filets une équipe entière type Galactics du Real Madrid. La nouvelle pléiade de footeux mancuniens n'a plus qu'à se cramponner à la tête du classement, et effacer la disette footballistique passée : l'équipe n'a rien gagner depuis 1977.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire