samedi 24 avril 2010

Nick Clegg, qui?

POLITIQUE_ Le leader blanc-bec des Lib-Dem britanniques impose son style de black sur la scène politique nationale. Portrait.

Nick Clegg, un garçon dans le vent.

Le patronyme est connu. Clegg. Merci Johnny (Clegg) : le zoulou blanc, chanteur sud-africain et leader successif des groupes Juluka et Savuka, a déjà contribué à forger un nom à Nick, le politicien anglais. Mais, quel rapport entre les deux? A priori, aucun: zéro parallèle possible entre les deux hémisphères opposés, sud pour Johnny et nord pour Nick. Et pourtant. Le centriste britannique, équateur politique, sur la mappemonde idéologique, plaide pour une synthèse des deux pôles.
Alors, Nick s'est entiché d'une cause chère à son homonyme : l'Apartheid. L'ami Johnny s'est attaché à dénoncer la ségrégation raciale en chansons. Nick Clegg, lui, lutte contre l'apartheid politique. Fini la dichotomie noir/blanc, Labour/Tory. Le libéral-démocrate, crédité de 30% d'intentions de vote dans les sondages pour les prochaines élections législatives à la Chambre des Communes, a fait valsé le bipartisme entre travaillistes et conservateurs. Le centriste sort de sa marge.
D'illustre inconnu, Nick Clegg a conquis son monde. Zen, cool, détendu – comme le zoulou Johnny – le libéral-démocrate a remporté l'affection du peuple briton après le premier débat politique télévisé de l'histoire du Royaume-Uni. Et Clegg de lancer : « ne laissez personne vous dire que cette fois-ci rien ne peut changer. Les choses peuvent changer ». Du Barack Obama dans le texte. Yes we can, Nick. Change, tu as raison. Analogie facile, du coup : The Guardian a comparé le Lib-Dem au Président ricain. Les médias anglais semblent gagner d'une Nick Cleggmania. Oui.
Nick et sa mère.
Nick Clegg a 43 ans et la vie (politique) devant lui. Nick est le gendre idéal, avec sa frimousse de coéquipier parfait dans l'écurie Griffondor de quidditch. À Cambridge, où il a étudié l'anthropologie, l'archéologie et le journalisme (déjà, il ne se décidait pas à choisir un camp), il était capitaine de l'équipe universitaire de tennis. De ses études, Nick a conservé ses traits juvéniles. Nick a une peau de jeune homme. Nick est doux. Nick est frais.
Dans le paysage plat de la politique britannique, Nick Clegg fait figure de relief. Une colline verdoyante au milieu des vastes plaines calcaires d'Angleterre. Sa femme, Miriam Gonzales Durantez, et lui changent dans un univers qui apparaissaient jusque là statique. Elle: « On vote pour un candidat, pas pour sa femme ». Du coup, elle ne s'est pas affichée pendant la campagne. Elle dit, en gros: « la marque de ma robe et de mes chaussures n'a aucun intérêt. J'ai un boulot (ndlr: avocate), fichez-moi la paix ». Lui, à GQ: je n'ai pas partagé le lit de « plus de trente femmes ». Le couple séduit. De part son parler vrai.
Nick connait les langues – et pas la langue de bois? Pour conquérir sa belle, il a appris l'espagnol. Beau-gosse. Polyglotte, il passe aisément du français, à l'allemand aussi, et à l'anglais, of course. Fils d'un banquier moitié-russe de la City et d'une mère néerlandaise, Nick a des facilités. Ces origines, ce multiculturalisme l'ont convaincu d'adopter une position pro-européenne. Avec trois enfants, Antonio, Alberto et Miguel, la famille Clegg est unie dans la diversité, donc.
Comme l'Afrique du Sud chantée par l'homonyme Johnny.

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