DEBAT_ Chez nous, le débat sur l’identité nationale en matière de pop-culture se joue sur l’album des BB Brunes et celui des Plastiscines. Là-haut, Susan Boyle explose et le Royaume-Uni s’impose toujours comme le principal vivier de talents.
Au Yardbird de Birmingham comme sur iTunes, les groupes britanniques sont partout. Les meilleurs surtout. La crème de l’indie – The Horrors, Foals, Arctic Monkeys, The Maccabees, Late Of The Pier, The XX, Wombats, Kasabian, White Lies, Eight Legs, Editors, Franz Ferdinand, Noisettes, The Kills, Two Door Cinema Club, etc. (liste non-exhaustive) – nous vient d’outre-manche. God save the Queen. Les groupes moins connus eux entament une tournée des pubs. Au rythme de leur public. Nous y avons rencontrés Mean Poppa Lean, en plein « Oh shit, it’s the Crystal & Roll-Ups Tour ». Si le style vestimentaire – salopette en jean de rigueur et futal patchwork à la chemise Uniqlo d’Antony – est à revoir, leur intro enivrante et quelques pintes ont eu vite fait de nous convaincre. Leur funk’n’roll endiablé, le solo bottleneck/canette de bière, la section cuivre BCBG, le son et la sueur ont facilement conquis le reste de l’audience. Un peu plus tôt, nous croisions la route d’une bande d’ados mi-indie, mi-emo, accompagnés de leurs fidèles groupies au Actress&Bishop. Déception d’abord, action ensuite quand les "bodyguards" du band nous ont montré le chemin de la sortie, agacés par nos critiques, en français dans le texte, motivées par du britrock cliché et pas original pour un poil. Bref, en Angleterre aussi la médiocrité existe musicalement. L’héritage fort des Beatles n’aura pas entièrement eu raison des Lady Gaga et consorts. Reste que, là-bas, il est possible d’entendre ça et là Arctic Monkeys et Noisettes à la radio, de danser sur Kings Of Leon en night-club. Plutôt cooool. Oui, la pop-culture anglaise peut parfois s’avérer de bonne qualité.
What’s up in France? Eric Besson se le demande justement. Tentative de réponse. Virgin Radio impose son style. Entre chanson française niaise, et rock à deux francs. Et Rock&Folk a tenté de nous faire croire, qu’au Gibus, se jouait l’avènement d’une nouvelle ère franco-rock’n’rollesque. Parmi les graines de rockstar : les BB Brunes, et les Plastiscines. Après un album éponyme chacun, les deux formations viennent de sortir leur second opus. Verdict ? On préfèrera la plastique des filles de Plastiscines à leur musique. Le clip du single Barcelona est beau – elles, sont belles. Les filles font dans le strass et les paillettes, et de la figuration dans un épisode de Gossip Girl. Les Plastiscines s’exportent aux Etats-Unis donc : elles y ont enregistrés leur « About Love » avec Butch Walker, et chantent désormais majoritairement en anglais. Fini le français de « Zazie fait de la bicyclette » ; tant mieux ? Les BB Brunes, eux, chantent en français sur « Nico Teen Love ». Le nouvel album est marqué par une hésitation sur le fond et la forme entre leurs inspirations britanniques (le titre « Un quart d’heure » sonne comme du Arctic Monkeys période « Favourite Worst Nightmare » et « Ma Mods » ressemble étrangement au « Are You Gonna My Girl » de Jet) et comment être rock’n’roll à la française. Exemple édifiant, le refrain de « Lalalove You » : «Elle me dit qu’elle n’aime que les slows en anglais/ J’expire un Shakespeare très français/ Si l’élocution traine l’intention y est/ Quand je fais "I love you" ». Le clip aussi illustre cette ambiguïté : on y voit le boy’s band façon Beatles sur un plateau TV de talk-show britannique, jouant sur le sex-appeal de la langue de Molière. Bref, pendant que les frenchies traversent une crise identitaire et boivent la tasse en cherchant comment faire de la french-pop, nos voisins d’outre-manche foncent, prennent de l’avance sur nous, français, et innovent.
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