MUSIQUE_C’est assez honteux mais quand j’écoute mon Lecteur Mp3, je mets toujours le mode « shuffle ». Comprenez « random ».Ou Mix de morceaux ? Bon, aléatoire.
Ce jour là en allant prendre mon train j’esquivais tous les morceaux type trop mou, trop français ou trop joyeux lorsqu’enfin cogna l’intro de « This Boy » des Franz.
A ce moment précis, « ce gamin », c’était moi. Peu importe la pluie ou la route qu’il fallait traverser, j’emmerde les voitures, je vole tout simplement jusqu'à la vieille gare du quartier. « I want a car. Yeah ! ». C’est là que je rencontre cette femme, une quinqua. Poli, je m’oblige à dessouder un écouteur pour l’aider à composter son ticket. Une bonne action. Superflue puisque j’avais déjà mangé mes 10 fruits et légumes du jour. Bavarde, j'ai renoncé à mon plaisir tympanticide pour tenir compagnie à mamie le temps du voyage.
Génial? Social ? Vomitif. Ou est donc passé cette semi-raclure qui était en moi le soir où j’ai vu Franz Ferdinand enflammer la Brixton Academy of London ? Évaporée. Sans doute en même temps que les cinq ou sept pintes prises dans ce Pub inégalable du south-london où la communauté afro-caribéenne de Brixton cuve sa mémoire collective. Les flingues et le ghetto, le son et le sang.
Après le concert, le bar était fermé. Mais « Who cares ? », je venais de voir Franz Ferdinand en concert et rien ni personne n’aurai pu assombrir l’illumination qui venait de scotcher mon cerveau. D’abord depuis les gradins, j’avais plongé tête baissée dans la fosse pour me retrouver bourré -plus vraiment, en face -carrément, du groupe parfait, équivalent des Beatles modernes : Franz Ferdinand. Sueur, transe et fureur. Je retournai ensuite sur mes pas en plein refrain de « walk away » pour tenter de capturer quelques miettes de ce génie musical à l'aide de plusieurs clichés mal cadrés. Leur talent maitrisé : un tonnerre de percussions, pause. Débordants d’efficacité : un orage électro, et la fin.
L’apothéose de mon aventure avec les Franz aurai bien pu être cette histoire de vomi dans les toilettes pour filles ou ce plan drague (foireux) d’une trentenaire partageuse entre les autres gars de mon gang. Finalement, on allait croiser la voix des Franz, Alex Kapranos, deux jours plus tard pas loin de Picadilly. Ce fut comme une vision éclaire nous foudroyant de transparence – nous n’existions plus. Lui était devenu propriétaire de la route- laissant, derrière lui, cette double emprunte: persistance rétinienne de style et de classe. Ex-critique culinaire pour « The Guardian », je venais de manquer l’occasion de me faire dédicacer les Chroniques du chanteur, achetées dans un élan de richesse fanatique, à la boutique de la Brixton academy. Évidemment que j’allais lire ce livre ! « I know Engliche mort than you dickhead ». Mais manque de bol pour les actionnaires du paracétamol, on se l’est fait voler un peu plus tard en même temps que la caverne d’Ali baba (comprenez le sac à main de ma petite amie), dans un fastfood dont je tairai le nom. « MacDo on aura ta peau ! ».
Depuis ces jours, je suis toujours à la recherche d’un pantalon tartan façon Alex, avec des belles bottines en cuir, comme Alex. Pareil, je n’hésiterai pas à porter une grosse doudoune bleu cet hiver. (tu l'a acheté ou Al? ) Non vraiment, aller voir des bons groupes en concerts n’est pas bon pour ma santé mentale. Trop propres, le rock se mange sale. Un concert des Franz c’est juste un peu mieux qu’en CD. Ce groupe n’a plus besoin de rien. C’était beau, Alex l'était. C’était bien ,leur son l'est toujours. les Franz Ferdinand sont mes idoles et je les déteste. Ils m’ont fait perdre ma dignité quand j'ai senti les larmes monter. Immonde. Plus jamais je ne penserai un groupe autrement qu'avec tous ses membres. Va chez le coiffeur Kapranos ! La prochaine fois je boirais plus pour oublier. Plus.
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